samedi, septembre 23, 2006

Enfin des nouvelles !

Du 14 au 19 septembre, voici la suite des aventures de "Bibi à vélo".

Commencez la lecture par la journée du 14 septembre :

"Constantine quand tu nous tiens".

mardi, septembre 19, 2006

Bordj Bou Arreridj - Ighil Nait Amer
« Comment Oussama a stoppé mon voyage. »

Distance parcourue à vélo : 42 Km
Moyenne horaire : 17 Km/h


Après plus ou moins 1300 Km de voyage à vélo depuis Djerba, nous avons été contraints de stopper le voyage à Ighil Nait Amer. A 117 Km d’Alger. Pour rappel, nous avions choisi notre route en fonction des informations que nous avions pu glaner dans les journaux, auprès de la police et des gens que nous avions rencontrés. En effet, si les grands axes de circulation algériens sont tous sécurisés, les axes secondaires et les petites routes de la grande Kabylie (région qui entoure Alger) sont encore sujets à l’insécurité. On y trouve des poches de sympathisants du GSPC qui n’ont pas encore déposé les armes. Ces groupuscules attaquent régulièrement les forces algériennes et, il y a une semaine, ont fait allégeance à Al Qaida promettant de faire le Jihad contre les croisés et les infidèles. C’est-à-dire nous. (En ce qui concerne l’infidélité à l’Islam en tous cas)

Après une heure de pédalage, nous nous sommes arrêtés à Ighil Nait Amer pour boire un café. Les gens étaient très sympas et nous avons expliqué ce que nous faisions et où nous allions passer. C’est-à-dire : rejoindre Hammam Ksenna et Aïn Bessem par les petites routes de montagne. Ils ont tout de suite dit que ça n’était pas possible. Des membre du GSPC se trouvaient dans les forêts de montagne que nous allions traverser. Nous avons commencé à discuter avec eux afin d’essayer d’évaluer le risque réel. Il y avait de plus en plus de monde qui affluait. Tout le monde était d’accord pour dire que si nous voulions aller à Alger, nous devions passer par la Nationale.


La Nationale à vélo : c’est non ! Le plus virulent d’entre eux, Jellal, un « Barbu », a vraiment tout fait pour nous dissuader d’y aller. Il était roux, le crâne dégarni et portait la Djellaba, des lunettes fumées et une barbe broussailleuse. Une béquille lui permettait de se déplacer péniblement. Pour lui, le danger était vraiment réel. Pour finir de nous convaincre, il nous a expliqué que son handicap était le résultat d’une attaque des terroristes juste à côté du village.

On a commencé à comprendre que nous n’arriverions pas à vélo à Alger. Nous avons pris des photos de nos amis de Ighil Nait Amer et Jellal m’a dit en rigolant : n’oublie pas de prendre une photo de terroriste barbu. J’ai crié à Jim : « Prend une photo de moi et du terroriste du village ! »


Tout le monde a ri et Jellal aussi. Après la photo, il m’a dit un peu triste que quand on montrerait la photo en Europe, il faudrait bien souligné qu’il était une victime du terrorisme et pas un terroriste. Je le lui ai promis.

Et voilà, on est redescendu lentement vers la grand-route pour prendre un taxi. Un peu tristes de ne pas terminer l’aventure à vélo et un peu amers que ce soit pour ce genre de motif. La sécurité est un drôle de concept. Ce fut magistralement illustré par le chauffeur de taxi qui nous a emmené à Bouira. Il crachait ses poumons tellement il était malade de la pollution qu’il avalait tous les jours, il jouait avec la mort en slalomant entre les camions, dépassant dans les tournants, transgressant les lignes continues et en forçant le passage à quatre de front. Il a même éclaté un pneu ! Tout ça en nous expliquant que les terroristes étaient très dangereux dans les montagnes, qu’il en avait peur et que pour notre sécurité, nous aurions dû fréquenter la route qu’il emprunte tous les jours…


Et voilà donc la fin des aventures de Bibi à Vélo en Algérie. Pays magnifique et population extraordinaire qui gagnent a être connus. A la prochaine pour de nouvelles aventures de Bibi à vélo…

Je vous embrasse.

Jérôme

lundi, septembre 18, 2006

Hamam Guergour – Bordj Bou Arreridj
« Sale petite étape. »

Distance parcourue à vélo : 72 Km
Moyenne horaire (vélo) : 10.2 Km/h


Nous avons bien dormi. Peut-être grâce aux effets de l’eau radioactive ou peut être parce que l’on savait que l’on ne devrait pas se lever trop tôt parce que aujourd’hui c’est une petite étape. Juste une soixantaine de km pour rejoindre Bordj Bou Arreridj. Grave erreur !


Cette étape fut sans doute le plus dure de tout le voyage ! Une succession de cols qui pour la plupart présentaient des côtes de 10 % ! Perso, à 10 % je monte à pied. Ça ne va pas tellement moins vite et ça ne détruit pas les jambes pour la suite du voyage. Et comme le paysage était grandiose, cella permettait de bien l’admirer et de papoter avec toutes les personnes que je croisais. Quant les descentes font aussi 10 % elles n’ont aucun intérêt non plus. On est crispé sur les freins, on n’avance pas vraiment vite et on gagne peu de Km. On ne fait que descendre ce que l’on devra remonter immédiatement. On est arrivé pas trop tôt à Bordj Bou Arreridj franchement fatigué. En plus les 60 Km étaient devenu 72 ! Sale petite étape !

dimanche, septembre 17, 2006

Djemila - Hamam Guergour
« L’eau radioactive : oui. »

Distance parcourue à vélo : 54 km
Moyenne horaire : 16 km/h

Après une nuit magnifique sur le bon matelas de l’hôtel « Belle vue » de Djemila, nous avons repris notre route par monts et par monts jusque Sétif.


Sétif, c’est le poumon du commerce Algérien. Cette ville grandit très vite et est une plaque tournante de beaucoup de marchandises vers beaucoup de régions de l’Algérie. Pour une fois, nous ne sommes pas rentrés dans la ville par l’autoroute, mais par la décharge ! Pouha ! Vision de cauchemar de cette montagne de détritus amoncelés sous un ciel lourd de poussière et de fumées pestilentielles. Des sacs plastiques volent à tout vent, et des chiens errants courent partout, maigres et agressifs. (Entre eux, heureusement.) Tout ce merdier porte un nom sans doute importé de chez nous, inscrit sur un panneau ultramoderne : « Centre d’Enfouissement Technique ».


Nous entrons dans Sétif. Partout il y a des immeubles en construction. Nous mangeons sur une des artères ultra animées et quittons la ville après le repas et le café. Les gens sont sympas et le patron du resto nous accueillera en personne, étant donné que ses enfants ne parlent que l’arabe. Ce qu’il déplore amèrement, lui qui a vécu 15 ans en France.


Nous roulerons toute l’après-midi. Ou plutôt, nous avons monté tout l’après-midi. Nous sommes arrivés à Bougaa à 20 km de Hamam Guergour. Nous nous sommes arrêtés pour boire quelque chose. Un homme s’est approché de moi. Un barbu. (Islamiste) après Abdel à Babar, c’est le second à qui je parle vraiment. Il nous a dit qu’il n’avait plus vu d’étranger depuis 1986 à Bougaa. Le dernier qu’il a vu passer c’était un Belge à vélo. On a discuté de chose et d’autre. Il m’a dit que la présence d’étranger en Algérie dans les régions reculées voulait dire que l’Algérie allait mieux. Il espérait que la situation provoquée par « quelques-uns » allait bientôt finir. Je lui ai souhaité de ne pas devoir attendre encore 20 ans pour voir son prochain belge à vélo, et nous avons continué jusque Hammam Guergour.


20 Km de descente ! Il faut dire que nous avions pris du bonus ! À Hammam Guergour, nous avions décidé de loger à l’hôtel du complexe thermal. Devant l’entrée, il y a un gigantesque panneau sur lequel il est écrit : « Complexe Thermal Hammam Guergour, 3ème rang mondial pour ses eaux radioactives. » Ces gars-là peuvent faire leur pub comme ils veulent mais je ne trouve pas cela très engageant. Il paraît que l’eau radioactive peut avoir des effets bénéfiques pour certaines pathologies, comme les rhumatismes et les problèmes d’articulation en général. Les nombreux médecins qui nous lisent pourront peut-être confirmer.


A l’accueil, le préposé nous a dit que le dernier étranger qui était passé était un Belge à vélo il y a 20 ans… décidément il nous suit celui-là ! Le complexe est vraiment glauque. Il y a plusieurs bâtiments reliés entre eux par des longs couloirs souterrains éclairés par des néons clignotants. Les murs sont recouverts de carrelages jaunis par le temps et l’atmosphère est chaude et lourde, les odeurs de Déthol et d’égout luttent pour être celle qui prendra le plus à la gorge. Les patients déambulent en petits groupes en chuchotant et chaque bruit émis dans les bassins d’eau radioactive est amplifié dans tout le complexe. Comme l’eau n’arrive pas dans les douches des chambres, nous descendons au bassin et hammam pour nous laver, une fois que l’on s’habitue à l’odeur et à l’ambiance « cave à torture », on peut apprécier les bienfaits des jets d’eau radioactives qui sortent de terre à 45°C.

Nous resterons sous les jets pendant 30 minutes, et sortirons de là complètement vidés. Le soir, les couches mortes de notre peau commenceront à peler ! Après avoir manger en compagnie de la centaine de patients dans un réfectoire qui donnait vraiment envie de guérir pour quitter le complexe, et après vérification que nous n’étions pas devenus fluorescents dans le noir, nous avons entamé une très bonne nuit.

samedi, septembre 16, 2006

Mila - Djemila
« Après celle là, la mer ! »

Distance parcourue à vélo : 70 km
Moyenne horaire (vélo) : 12 km/h

Nous avons quitté très tôt nos hôtes de Mila. J’avais mal dormi pour m’être battu toute la nuit avec des moustiques. J’ai de l’anti-moustique, mais il n’est pas efficace.


La journée s’est résumée à deux choses : monter et descendre. Des kilomètres et des heures de montée, puis une trop courte descente de quelques kilomètres avec le vent de face avalée péniblement en quelques minutes et puis re-montée à nouveau. A chaque fois qu’on arrive au-dessus d’une côte, on se dit : « Là c’est plus possible. On ne peut pas monter plus haut ! Après celle-là, ça doit descendre jusqu’à la mer ! » Mais après celle-là, il y en a une autre et puis encore une autre et ainsi de suite. Bon j’ai l’air de me plaindre, mais les montées n’étaient pas trop raides et les paysages de montagne, magnifique.


Le soir, on est arrivé à Djemila sous un ciel lourd et menaçant. Djemila est un autre site de vestiges de ville romaine.

Avec la lumière du soir et le ciel d’orage, la vue était incroyable.

vendredi, septembre 15, 2006

Constantine - Mila
«Vive le Marié»


Distance parcourue à vélo : 54 km
Moyenne horaire (vélo) : 16 km/h
Contrôles et escortes de la police* : 0
Temps passé dans les commissariats* : 0

* j’abandonne cette rubrique les flics ne nous convoquent plus !

Départ de Constantine pas trop tôt. Pour la première fois nous avons été confronté à un fort vent de face, ce qui n’a pas trop accéléré la cadence. On avait peur de ne pas trouver facilement la route mais nous n’eûmes aucun problème. Même si le vendredi matin, nombre de commerces sont fermés, beaucoup de gens déambulaient et nous ont aidés à trouver notre chemin. Comme la rentrée, la sortie s’est faite par l’autoroute. Le paysage était vallonné et parfois il y a des collines recouvertes des petits arbres. On n’en a pas vu beaucoup depuis le départ. Si on excepte les palmiers bien sûr.

Nous sommes arrivés à Mila vers 11h. Mila est une assez grosse bourgade sur les hauteurs de la vallée du Rhumel. Nous nous apercevrons plus tard qu’il s’agit d’une ancienne cité romaine comme en atteste les vestiges de remparts étonnamment bien conservés entourant la vieille ville. Le premier hôtel nous refuse à cause des vélos !!! Ça je n’ai jamais vu ! Le gars est complètement buté ! Je me défoule un peu dessus et nous partons vers le deuxième hôtel.

Là nous sommes accueillis par Smaïn le patron de l’hôtel. Grand, le nez cardinal, la paupière un peu fermée, Il nous fait remarquer que son hôtel est tout neuf mais qu’il ne peut nous donner d’eau chaude. Peu importe. Nous posons vélo et bagage. Tout le monde est aux petits soins. Smaïn est secondé par son fils Salah. Il est bientôt midi, et nous avons faim. Nous demandons où il est possible de manger. Sabri, neveu de Smaïn nous fait remarquer que l’on est vendredi, jour de prière, et que tout est fermé à midi. Il nous propose de venir un peu plus tard partager leur repas en l’honneur du mariage religieux de son cousin Aderahim. (fils de Smaïn). Nous acceptons avec empressement.

En attendant, Sabri nous propose de visiter Mila et ses alentours. Il nous montrera la vieille ville et ses remparts romains, ainsi que le barrage construit sur le Rhumel à côté duquel on y déguste les meilleures brochettes de toute l’Algérie. Sabri nous en offrira quelques-unes en attendant le repas qui aura lieu après la prière. Sabri est grossiste en fourniture de Bureau. Il habite Annaba et est à Mila pour le mariage de son cousin. Il nous donnera quelques explications sur le déroulement du mariage dans la région et en Algérie en général.

Le mariage se déroule en trois temps. Tout d’abord, les fiançailles. Là le marié voit la mariée pour la première fois. Sabri nous dira en rigolant que cet aspect « première fois » était de moins en moins appliqué et que beaucoup d’Algériens ont tendance à un peu tricher sur ce coup là. Ensuite quelques semaines plus tard, a lieu le mariage religieux. Cela se déroule séparément pour les deux familles et les époux. A partir de ce moment, les mariés peuvent se fréquenter sans aucune limite mais ne peuvent pas habiter ensemble, ni avoir de vie sociale commune. Quelque semaine voir quelques mois plus tard aura lieu le grand mariage…


Nous avons participé au mariage religieux de Aderahim. Ce fut vraiment très sympa. Les femmes et les hommes mangeaient séparément mais il n’y avait pas « d’isolement ». Tout le monde était assis par terre et mangeait à même les plats posés sur des tables basses. Au menu, des plats traditionnels algériens :

- la Chorba : soupe de tomate et viande à la germe de blé

- le Chakchouka : Plat à base de galette de blé déchirée en petits morceaux trempant dans du bouillon de légume et de viande.

- le Kefta, boulette de viande en sauce.


Tout ça accompagné de poulet et brochettes grillées, de salades diverses et de limonade. On a passé un très bon après midi à manger et à discuter avec tout le monde. Hamed, petit homme aux lunettes bien épaisses qui cachent difficilement un strabisme prononcé et souligne un sourire malicieux, m’a particulièrement impressionné. Il est l’oncle de Adebrahim et le beau frère de Smaïn. Très posé et très calme, il dégage une impression de beaucoup de sagesse et de calme. Il est Constantinois et était dans la même classe que Enrico Macias. Il nous a posé beaucoup de questions et nous a appris beaucoup de chose sur l’histoire et la vie de la région.


Après le repas, nous avons continué à discuter de l’Algérie, de l’Europe et à rigoler du choc des civilisations tout en buvant du café comme des vieux copains sur le parking de l’hôtel…

jeudi, septembre 14, 2006

1 jour de + à Constantine
«Constantine quand tu nous tiens»

Distance parcourue à vélo : 0 Km
Moyenne horaire (vélo) : 0 Km/h
Contrôles et escortes de la police : 0
Temps passé dans les commissariats : 0 min


Nous ne sommes pas partis. Au réveil à 5 heures, il pleuvait comme vache qui pisse et Jim n'avait pas digéré son omelette de frites. Nous sommes resté un jour de plus à Constantine. Nous avons fait le tour extérieur de la ville avec un taxi. C'est vrai que l'agencement de la ville autour de la gorge du Rhumel est impressionnant. Une des routes à flan de falaise passe successivement des ponts suspendus à des tunnels creusés dans la roche. La vue du sommet de la ville porte très loin sur les premières montagnes de la petite Kabylie.


La pluie à cessé petit à petit et nous nous sommes préparé au vrai départ. Nous avons ré-élaboré un nouvel itinéraire. Pour ce faire, nous avons du tenir compte de deux éléments :

  1. Les routes nationales sont absolument infréquentables à vélo.
  2. D'après nos informations (par les journaux et la police) les petites routes de l'Est et de l'Ouest d'Alger ne peuvent être empruntées par des personnes ne circulant pas en voiture pour raison de poche terroriste résistante.

Nous devons donc rejoindre Bordj Bou Arreridj par les petites routes, ce qui vas nous faire une distance de près de 300 Km de petites routes de montagne. Nous frôlerons la grande Kabylie sans y entrer réellement. Ensuite nous continuerons vers l'Ouest pour entrer dans Alger par le Nord. Apparemment, c'est notre meilleure chance de pénétrer à Alger sans rouler sur des nationales.

Nouvel itinéraire prévu : Mila, Djemila, Hamam Gergour, Bordj Bour Erreridj, Taxi sur 40 Km par la nationale 5 jusque M'chadallah ( pas le choix si on ne veut pas faire un détour de 140 Km pour éviter la nationale) puis petite route de montagne jusque Aïn Bessem et enfin Alger.

Plus que 6 jours...

mercredi, septembre 13, 2006

12 et 13 septembre : Repos à Constantine
« Je pense à toi plus fort, Constantine »

Distance parcourue à vélo : 0 km
Moyenne horaire (vélo) : 0 km/h
Contrôles et escortes de la police : 0
Temps passé dans les commissariats : 0 min

Mais toi mon coeur tu voyages
Vers le rocher sauvage
Qui te fascine
Constantine
(Enrico Macias)

Constantine est une ville du Nord-Est de l'Algérie peuplée de plus de 750.000 habitants. Chef-lieu de la wilaya (département) du même nom, elle est la capitale de l'Est du pays et la troisième ville en Algérie, après Alger et Oran. Constantine est la ville des ponts, elle a été construite sur un rocher de plus de 600 mètres d'altitude, entourée de profonds ravins, traversée par le Rhumel, tout ceci a donné à la ville sa puissance de citadelle. On y restera deux jours. Ce seront deux journées très «repos». Quelques balades. Déambuler au hasard des ruelles.


Quelques observations amusantes tout de même. Tout d’abord, on voit enfin des Algériennes. Ce n’est pas qu’on est venu pour ça, mais franchement ça commençait à manquer. On en avait vu quelques-unes à Biskra mais pour les autres villes : quasi pas. A Constantine, c’est presque la parité, les femmes se baladent dans la rue, voilées ou pas. Je ne veux pas poser de jugement sur la place de la femme en Algérie, mais c’est quand même un des aspects les plus saisissants de la société pour un occidental qui voyage dans un pays Musulman.

Autre observation, avec ses rues très escarpées et très étroites. Constantine n’est absolument pas conçue pour accueillir des voitures. Du coup, c’est l’embouteillage quasi généralisé 24h/24h. En plus les voitures n’ont pas le droit de s’arrêter pour charger des passagers sous peine de fortes amendes. Et comme il n’y a aucune place de parking, dés qu’un embouteillage se forme, les gens se précipitent pour monter dans les taxis. Si vous êtes étranger, vous pouvez demander à une magnifique femme flic (franchement, elles doivent être recrutées sur casting) de vous arrêter un taxi. Elle le fera bien volontiers, toute contente de rendre service à un des seuls étrangers occidentaux présents dans la ville.

Ce qui nous amène à une troisième observation intéressante. Depuis notre passage de la frontière Algérienne, nous n’avons pas encore vu un seul touriste typé occidental. On est les seuls ! L’Algérie voudrait relancer son tourisme, mais il y a du chemin. Pas un !

Demain, nous allons repartir. Etant donné la situation en Kabylie, nous allons devoir changer d’itinéraire en passant beaucoup plus par le sud. C’est bien, dommage, étant donné que la Kabylie doit être une des plus belles régions d’Algérie.

Nouvel itinéraire prévu : Constantine, Mila, El Eulma, Djemila, Setif, Bordj-Bou-Arreridj, Sour El Ghozlane, Alger.

Inch'halla

Détours en jaune, le trajet initial en autre couleur

lundi, septembre 11, 2006

Timgad - Constantine
« Express bike »

Distance parcourue à vélo : 124 km
Moyenne horaire (vélo) : 23 km/h
Contrôles et escortes de la police : 0
Temps passé dans les commissariats : 0 min

Pas grand-chose à raconter sur cette journée.

Nous avions décidé de faire le trajet entre Timgad et Constantine en une fois. La raison est simple. La seule recommandation insistante et sérieuse que nous avons reçue de tous les policiers, c’est de ne pas rester dehors la nuit. Aussi, nous devons à chaque fois rejoindre la ville suivante. Cela fait chaque fois des étapes assez longues.

Autre conséquence : nous devrions arriver assez tôt à Alger. Entre Timgad et Alger, la longue distance n’a vraiment pas posé de problème. La route était très roulante. A 23 km/h de moyenne, nous avons rejoint Constantine assez vite.

Le matin nous avons eu droit à un lever de soleil magistral sur les plaines et montagnes environnantes. Nous sommes rentrés dans Constantine par l’autoroute comme il se doit. A un moment, nous avons fait une erreur et avons dû retraverser et remonter toute la ville de Constantine. Cela en plein soleil à 2 heures, ça m’a mis de mauvaise humeur. Super hôtel et pas d’Omelette de frites.

Tout arrive.

dimanche, septembre 10, 2006

Arris - Timgad
« On ne quitte pas Timgad, on la fuit »

Distance parcourue à vélo : 64 Km
Moyenne horaire (vélo) : 17 Km/h
Contrôles et escortes de la police : 0
Temps passé dans les commissariats : 0 min


Ca valait bien la peine de venir jusqu’ici pour retrouver de la pluie ! Après avoir quitter Monsieur Boubidine, Nous avons repris notre montée. Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois en montant étant donné que la pluie était trop forte. Nous sommes resté une heure dans une petite épicerie à papoter avec les gens. C’était sympa. Il faut dire que eux étaient contents qu’il pleuve et nous beaucoup moins.

Nous avons repris la montée pendant une accalmie. Nous nous sommes encore arrêté une demi-heure dans un abri de bus. Un berger est venu nous parler et nous présenter son petit-fils. Lui aussi louait cette pluie abondante. Bon, on finira par savoir que cette pluie plait à tout le monde.

On a repris la route malgré l’averse. Passé le col à 1705m, la descente fut des plus froides jusque Bouhmar. Là, on a mangé de la soupe aux haricots ! C’est juste ce qu’il nous fallait. On a terminé le trajet jusque Timgad.

A Timgad, il y a des vestiges d’une ville romaine étonnamment bien conservés. Il y a une porte dans un état impeccable et un vieux théâtre en bon état. On retrouve parfaitement les fondations des habitations ainsi que des colonnes très bien conservées et le tout s’intègre très bien dans le cadre de plaines et de montagnes.


Pour le reste Timgad c’est vraiment nul. Il n’y a que un hôtel. Il est pourri de chez pourri, et c’est sans doute le plus cher que l’on aura payé. Si vous voulez visiter les ruines et que vous avez la possibilité de loger à Batna à 20 km, n’hésitez pas. Le soir on s’est ennuyé dans cette ville où il n’y a rien et on s’est fait arnaquer pour la première fois en Algérie. Le gars du resto nous a demandé un prix incroyable pour son omelette de frites garnie.

Le lendemain, après une nuit pleine de moustiques, on n’a pas quitté Timgad, on l’a fui.

samedi, septembre 09, 2006

Biskra - Arris
« Rhoufi au balcon »

Distance parcourue à vélo : 104 km
Moyenne horaire (vélo) : 14 km/h
Contrôles et escortes de la police : 1
Temps passé dans les commissariats : 20 min


Il n’y a pas de secret. Arris est à 95 kilomètre de Biskra. Si on veut rouler un maximum avant les grosses chaleurs, il faut se lever tôt. Au début ça roule bien. Très bien ! Trop bien, vu que après 8 Km on se rend compte qu’on s’est trompé de route. Il n’y en a pas beaucoup pourtant. Retour à la case départ. Cette fois c’est la bonne. Après 10 kilomètres, on est arrêté par un barrage de l’armée. Eux, c’est la première fois. Le garde demande nos passeports. Il n’a pas l’ai trop sympa. Il nous demande avec un peu de reproche, pourquoi nous voyageons en vélo. On lui donne quelques bonnes raisons. Pas trop convaincu, il continue à regarder nos passeports. Je lui demande si il y un problème. Il me répond que oui ; la route n’est pas assez sûre et donc, nous ne pouvons pas passer. Aille !

- « Impossible ! nous sommes attendu par Monsieur Boubidine (père de Didine) avocat de son état au barreau de Arris. De plus hier nous avons exposé notre itinéraire à la police de Biskra qui l’a soumis au Ministère de la Sécurité (j’espère que ça existe ça) qui a approuvé. »

Le garde semble hésiter. On lui sort nos petites photocopies de passeport et visa. Ça achève de le décider à nous laisser passer.

Ça va monter non-stop toute la journée. Heureusement, il fait assez frais. Il y a des nuages et on commence à monter en altitude. On quitte le Sahara. On longe les gorges de M’Chounèche pendant 65 kilomètres.

Le premier objectif de la journée est Rhouffi et ses balcons. Il s’agit d’une palmeraie plantée au fond des gorges.
Autour de la palmeraie, des maisons sont posées sur des balcons accrochés aux parois de la gorge. Il y aura plusieurs sites vraiment beaux sur cette route.


Le soir on arrive à Arris. C’est une grosse bourgade de montagne. Nous sommes accueillis chaleureusement par monsieur Boubidine. Celui-ci nous fera visiter Arris et ses alentours avec une foule de renseignements sur la démographie de la région, le mode de vie, l’exode rural, La pratique de la religion musulmane etc. Très cultivé et très sympathique Monsieur Boubibdine.

Une très bonne soirée et une très bonne nuit.

vendredi, septembre 08, 2006

7 et 8 septembre : Repos à Biskra
« Bande de xénophiles »

Distance parcourue à vélo : 0 km
Moyenne horaire (vélo) : 0 km/h
Contrôles et escortes de la police :
Temps passé dans les commissariats : 30 min

« Biskra, La reine des Zibans ». Les Zibans, c’est la région qui sépare le Sud du Nord de l’Algérie. C’est la porte du Sahara.


Le premier soir, alors que nous cherchions de quoi varier notre régime à base d’« omelette de frites », nous avons rencontré deux jeunes qui nous ont assuré que la reine était morte.

Même si la ville est assez vivante, on ne devine plus le lustre d’antan. Tout est assez délabré. Les routes plutôt défoncées, ce qui contraste avec l’état des route en Algérie qui est très bon. La ville est assez sale. Contrairement à ce qu’on a pu voir dans d’autres villes, il n’y a pas vraiment d’initiative pour les déchets et l’environnement. Bon, difficile de se faire une idée précise d’une ville de 500.000 habitants en si peu de temps, mais ceci constitue une impression.

On a passé deux journées bien sympas à flâner dans les souks, lire les feuilles de choux algériennes et chercher un resto correct où l’omelette de frites n’a pas sa place.

Ainsi le deuxième soir nous sommes allés à la « Tour Eiffel ». Là, nous avons été accueillis par Didine et Nadia. On a bien mangé, pas mal discuté et on est parvenu à payer notre repas ! Par contre, sur le coup, on a été invité à revenir manger le couscous le lendemain, et Didine, sachant que nous cherchions un logement à Arris pour le samedi soir, a téléphoné à son père qui y habite, pour qu’il nous héberge. Franchement, j’ai bien envie de dire que Nadia fait le meilleur couscous des Zibans ! (Vu que je n’ai pas encore vraiment été ailleurs en Algérie. Laissons une chance aux autres !) C’était vraiment deux soirées très sympas. J’ai appris à faire le couscous algérien. A Mon retour, vous pouvez passer à Esch…

L’après-midi du premier jour, nous sommes allés à la police pour donner notre itinéraire des prochains jours. Nous avons été accueillis par le chef de corps. Celui-ci était assez grand et plutôt balaise. Il parlait d’une voix forte et hiératique*, prenant des airs de professeur. Il nous a immédiatement parlé de la Belgique et du Luxembourg.

- « Belgique, petit pays membre fondateur de l’union européenne, de 10.000.000 d’habitants. Capitale : Bruxelles. Régime : Monarchie constitutionnelle. Belges connus : Le roi Baudouin, Jaques Brel et Jean-Marie Pfaff. »

Il a dit beaucoup moins de choses sur le Luxembourg et puis il s’est inquiété de ce que nous venions faire au bureau de police. On lui a dit que nous venions lui faire part de notre prochain itinéraire. Il nous a fait tout un cours sur les régions que nous avions, que nous allions et que nous aurions pu ou dû traverser. Il a dit que l’Algérie était sûre et que nous n’étions pas obliger de faire la démarche de donner notre itinéraire aux forces de l’ordre. Alors que nous lui faisions remarquer que la veille nous avions tout de même été contrôlés 8 fois, il nous a donné son explication : les Algériens son des gens xénophiles. Non pas xénophobes, mais xénophiles. Ils aiment les étrangers. Aussi, quand ils voient des étrangers, ils veulent entrer en contact avec eux. C’est pour ça que la police algérienne nous demande nos papiers chaque fois qu’ils le peuvent. Juste pour pouvoir papoter.

Etonnante révélation qui me semble assez juste.

*solennelle

mercredi, septembre 06, 2006

Babar - Biskra
« C’est pour votre sécurité »

Distance parcourue à vélo : 156 km
En camion à mouton : 25 km
Moyenne horaire (vélo) : 19,1 km/h
Contrôles et escortes de la police : 8
Temps passé dans les commissariats : 0


Départ de Babar à 6 heures après un café croissant. Ça monte directement. On est escorté jusqu’à la sortie du village par la police. On ne sait jamais ! Nous sommes montés jusque 1430 mètres avant de tout redescendre jusque – 40 mètres. En fait nous sommes revenu dans la Sahara. Je n’essayerai pas de décrire la vue sur le Sahara à partir du dernier col. C’était tellement immense. Le dégradé des contreforts arides du massif de l’Aurès qui se jette dans la plaine de Sahara… c’est fabuleux.

Super descente. On dépasse les camions. C’est très agréable de déboîter avec les bécanes, le visage énervé de ce que ces balourds traînent, alors qu’on n’a vraiment pas que ça à faire ! Faudrait un bon klaxon pour les énerver un peu.

Arrivés dans la plaine, on se rend compte que l’on est condamné à arriver à Biskra avant la nuit. Cela nous ferait 170 Km sur la journée. C’est beaucoup, mais si il faut… On roule même l’après-midi. Il y a un peu de nuages alors c’est supportable. En tout cas bien plus supportable que les nombreux contrôles de police et de gendarmerie ainsi que les non moins nombreuses escortes à travers les villages ou, même, pendant plusieurs kilomètres par la gendarmerie.

Quand il y a un contrôle et que la police nous demande les passeports pour pouvoir noter nos coordonnées pour leur petit rapport, on leur donne une photocopie de nos passeports avec tous les renseignements nécessaires. On en avait préparés 10. Après trois jours en Algérie, on projette d’en refaire à Biskra.

Je me suis énervé sur le dernier gendarme de la journée qui nous a arrêté juste sous le nez de ses collègues qui nous escortaient. Je lui ai dit qu’ils devaient peut-être apprendre à communiquer entre les patrouilles et que si il n’avait rien de mieux à faire que de contrôler mon passeport 20x sur la journée, moi je devais pédaler. Il nous a souhaité la bienvenue en Algérie et nous a laissé partir.


A la longue, on a tellement perdu de temps que l’on s’est rendu compte que nous n’aurions plus le temps d’arriver à Biskra avant la nuit. On a donc décidé de faire du stop pour les dernier 25 km. Un camion à mouton nous a chargé. Cela a bien du embêter les gendarmes et les policier qui nous escortaient et devaient nous attendre au village suivant. En tout cas nous on était mort de rire en passant les nombreux barrages de contrôle planqués dans la bétaillère. Bon vu qu’on a logé dans un hôtel gouvernemental, ils ont du vite retrouver notre trace. Et voilà, on va rester deux jours à Biskra.

Je vous raconterai tout ça plus tard… à bientôt

Le détour en blanc, le chemin qui était prévu, en rouge

mardi, septembre 05, 2006

Tébessa - Babar
Le massif de l’Aurès sur des plateaux

Distance parcourue : 110 km
Moyenne horaire : 18,1 km/h
Contrôles et escortes de la police : 1
Temps passé dans les commissariats : 1h 30

Enfin sur le vélo.

Lever à 5h à Tébessa. Petit-déjeuner chez un copain cafetier que l’on a rencontré la veille. Il ouvre à quatre heures. Croissant, café, bananes et hop sur la bécane.

Ca monte pendant 30 Km. De plus en plus fort. On passe un premier col à 1237m. Après le col, on descend de quelque mètre sur un gigantesque plateau. Il y en aura plusieurs. Ce sont les plateaux du massif de l’Aurès. Ils sont magnifiques. Nous nous arrêtons pour boire un café à Chébika. Plusieurs personnes viennent parler avec nous. Je me rends compte que il n’y a pas beaucoup d’algériens qui parlent le français dans la région. Et ceux qui le parlent n’osent pas se lancer. Notre moyenne est assez bonne pour une étape de montagne.

A 13h00, nous arrivons à Babar après 110 km de route. Pour arriver à Babar, il faut quitter la route de Biskra et descendre de 150 m. Ca ça fait mal ! de savoir que l’on devra les remonter… d’ailleurs nous décidons de rester à Babar. 110 c’est déjà pas mal. D’autant que il fait très chaud et que les gens du village sont très sympas.

Alors que nous mangeons l’omelette de frites préparée avec grands soins par Abdel (un ami !), un petit chauve à lunette s’approche de moi et me demande dans un français parfait qui nous sommes où nous allons. Je lui dis que nous voyageons à vélo etc, etc… il est ébahi et me félicite en me disant : « c’est extraordinaire que vous fassiez ça… je veux dire surtout vous… vu que vous êtes quand même obèse… ». Je m’apprête à souffler ce malotru qui au vu de son gabarit aurait certainement séché cinq fois sur la traversée du désert de sel, et puis je me dis que je ne suis pas chez moi et que je dois faire bonne figure. Peut être que pour ce brave, obèse veut dire « sportif » ou « juste bien »… quelque chose comme ça. Bien m’en a pris de ne pas le démoli, quelques instants plus tard il payera nos repas et nous invitera à venir planter la tente dans le jardin de l’institut de santé dont il est le directeur. A condition bien sûr que nous allions d’abord nous déclarer à la police. Bien sûr.

On passera 1h30 dans différent bureau du poste de Babar à décliner notre identité, profession, itinéraire, etc… même si tout le monde était très gentil, nous apportant à boire et nous souhaitant 50 fois la bienvenue en Algérie, après trois interrogatoires identiques dans trois bureaux différents, je m’énerve et leur fait remarquer que nous sommes là depuis pas mal de temps pour pas grand-chose. Ils m’expliquent qu’ils sont en train de trouver une solution pour nous faire dormir dans un local en dur, vu qu’ils ne veulent pas que nous dormions sous tente. « C’est pour votre sécurité ».

Finalement, on quitte le poste après une photo souvenir avec toute la bande et on est accueilli par le Maire de Babar, solennel, qui nous souhaite la bienvenue en Algérie et mettra un local de la mairie à notre disposition.


Le soir on retourne manger chez Abdel. On lui demande de nous préparer des spaghettis que l’on a été acheter. (Marre de l’omelette de frites.) Il nous cuisinera un festin avec, entre autre, les spaghettis et refusera qu’on le paye. Impossible de payer sa nourriture dans ce pays.

Trop sympa Abdel.

On a bien dormi ce soir-là.

lundi, septembre 04, 2006

Tamerza-Tébessa
Quelle aventure !

Distance parcourue à vélo : 24 Km
En taxi escorté : 40Km
A tombeau ouvert : 110 Km
Moyenne horaire : 16 Km/h
Contrôles de la police * : 3
Temps passé dans les commissariats ** : 4h

* et ** : étant donné que je vais faire des gros efforts pour ne plus rien perdre, je change la rubrique «perdu» par deux rubriques : «Contrôles et escortes de la police» et «Temps passé dans les commissariats»


On a quitté Tamerza très tôt. La ville se réveillait tout juste. Avant d’entrer en Algérie, il fallait sortir de Tunisie. Logique.

Ce qui n’était pas logique, c’est que la douane et la police des frontières étaient séparées par deux km. Nous sommes passé devant la douane sans nous arrêter pour d’abord aller faire mettre un cachet à la police. Avec notre beau cachet, nous sommes revenus à la douane, quémander un deuxième cachet. Un c’est bien, deux c’est mieux. Normalement, la route qui traverse le no man’s land entre l’Algérie et la Tunisie repasse devant le bureau de police. Mais plutôt que de refaire une troisième fois le même chemin, nous avons coupé en roulant au fond de l’oued sous le regard incrédule des douaniers. Quand on a rejoint la route, un 4x4 de la police Tunisienne nous attendait pour nous escorter jusqu’à la frontière algérienne.

Quand nous sommes arrivés au poste à la frontière Algérienne, les gars sont presque tombés à la renverse. Ils nous ont regardés avec des yeux «qu’est-cequec’estquc’estdeuxtarésd’européensquis’amènenticienvélo?» Il faut dire, le poste frontière de Betita est vraiment minuscule. Si il y passe 10 européens par an, c’est beaucoup. Ils nous ont signalé qu’il était Ab-so-lu-ment im-po-ssi-ble de rentrer en Algérie sans visa. Nous leur avons dit que nous avions un visa. Ils ont regardé tout ça, demandé notre destination et tout et tout. Tout allait bien jusqu’à ce qu’on leur dise que nous allions rejoindre Biskra par la piste.

Là, ils ont tiqué. Ils ont téléphoné à gauche et à droite, puis ils ont dit que tout était « OK». Ils allaient simplement nous escorter jusqu’à la ville et que, là, nous pourrions aller où bon nous semblerait. Betita est à 5 Km de la frontière. Une escorte de police pendant 5 Km ce n’est pas le Sahara à boire et puis nous serions tranquille pendant les 80 Km de piste en sel dur.

Ouf on respire. Toutes ces formalités ont pris près de une heure (Douane comprise où nous avons déclaré les devises que nous possédions). On a attendu l’escorte pendant encore une heure. Quand l’escorte est arrivée, il a semblé y avoir un problème. Visiblement, nos « Body-Gardes » et les gardes frontières étaient en désaccord. Après renseignement, les policiers qui devaient s’occuper de nous ne voulaient pas charger nos vélos dans leur break jusque Bir-El-Ater.

Bir-El-Ater ! Mais ce n’est pas ce qui était prévu ! La ville la plus proche n’était donc pas Betita à 5 km, mais bien Bir-El-Ater à 40 bornes. Et en plus, pas du tout sur notre route. On a ré-expliqué à celui qui semblait être le chef, que nous voulions allez à Biskra par la piste, et que Bir-El-Ater n’était vraiment pas sur notre route.

Avec beaucoup de gentillesse, ils nous ont expliqué que pour notre sécurité; la piste : NON, Bir-El-Ater : OUI.

On lui a rétorqué que si on devait aller à Bir-El-Ater ce serait à vélo parce que nous étions des cyclistes et que les cyclistes ça voyage à vélo. Re-palabres pendant une demi-heure. Tout le personnel du poste frontière est là pour donner son avis auquel nous rajoutons le nôtre. Le brouhaha général est couvert par les jérémiades et les injures proférées par les usagers habituels du poste frontière qui attendent que quelqu’un veuille enfin s’occuper de leur cachet. Finalement le chef accepte que nous allions à vélo, l’escorte suivra à notre rythme.

A Betita ? Non à Bir-El-Ater. 40 km avec la police dans les fontes, c’est non. En plus il est bientôt midi, et on commence sérieusement à avoir faim. Comme de toute façon il semble que nous devrons aller à Bir-El-Ater, on accepte de se faire mener en voiture. Après encore pas mal de palabre, la police réquisitionnera un taxi dans lequel on chargera hommes et vélos. Celui-ci sera escorté jusqu’au quartier général de la police du Wilaya de Bir-El-Ater. On est resté 3 heures au poste de la police des frontières algérienne.

Bir-El-Ater : petit ville chaude, sale et laide. Là, nous attendait le sergent-chef de l’escadron. Pas l’air commode le sergent-chef. On a le même ventre, mais son visage n’est pas du tout expressif. En tout cas, s’il exprime quelque chose, c’est : « je me suis levé trop tôt et je n’ai pas envie d’être là ». Il nous invite fermement à le suivre dans son bureau. On y est suivi par une horde de policiers en civil, en salopette de combat, ou en uniforme. Il y a même un gamin en culotte courte avec la morve au nez. Tout le monde s’installe et quand le sergent parvient à obtenir le silence, je commence mon explication : nous voyageons à vélo, nous sommes partis de Djerba, nous sommes arrivés jusqu’ici à vélo pour visiter nos amis algériens… Jusque là, approbation et stupéfaction générale. Je termine ma déclaration en disant très vite : nous allons aller jusque Biskra par la piste à vélo. Bruyante désapprobation générale et grands hochements de tête.

Après avoir obtenu une nouvelle fois le silence, le sergent-chef nous explique que pour notre sécurité, il ne peut pas nous laisser allez à Biskra par la piste. Nous devons voyager par les routes fréquentées si on veut le faire à vélo sans guide. Je profite de l’ouverture pour le tester. Je prends la carte et lui demande si ce serait OK de faire la route entre Tebessa (100 Km plus au nord) et Biskra. Il me répond que ça ne devrait pas poser de problème. Cette route fait +/- 300 Km et traverse les haut plateaux du massif de l’Aurès. Points positifs : ça doit être magnifique et en plus c’est une assez petite route. Points négatifs : en plus des 300 Km il faut faire 100 Km horribles sur la grande route entre Bir-El-Ater et Tebessa et ce n’est pas la piste dans le désert. Pour le dernier point, ce n’est pas grave. Le désert on a vu et on en a un peu assez. Pour les 100 Km, on pourrait les faire en taxi. Ce n’est pas trop l’esprit du voyage, mais bon. Je dis au sergent que nous allons aller manger et que je reviendrai lui donner ma réponse après. Il accepte et envoie chercher quelqu’un qui vas nous escorter au restaurant et changer des euros à la banque. Comme la banque est fermée, il nous prête 500 dinars.

On attend dans la salle d’attente du Quartier Général. Il y règne une joyeuse ambiance. Tout le monde donne son avis sur divers sujets. Il me semble qu’il y a des avis divergeants sur le resto où ils vont nous envoyer. A un moment un homme rentre et demande bruyamment quelque chose à la personne derrière le comptoir de l’accueil. Chacun donne son avis et le préposé à l’accueil sort de derrière le comptoir une Kalachnikov™ grande « comme ça », qu’il donne à la personne qui vient de rentrer. Celui-ci lui demande aussi des munitions. Le policier s’exécute. On retrouvera l’homme à la Kalachnikov™ plus tard dans les rues de Bir-El-Ater, tirant en l’air pour fêter le mariage de sa fille. Je sens que je vais adorer ce pays !

Finalement on est parti manger de l’omelette de frites (il n’y avait que ça) et changer de l’argent. Notre « Body Garde » m’a expliqué la différence entre policiers en uniforme bleu, brigade d’intervention, en salopette bleue, et gendarmerie en uniforme vert. Je lui ai demandé qui étaient les policiers en civil. Sa réponse ne fut pas très claire…

Nous avons retrouvé le sergent et lui avons expliqué que nous allions rejoindre Tébessa en taxi et que de là, nous prendrions la N83. Il a approuvé et nous a accompagné jusqu’au taxi. Quand je lui ai serré la main en lui disant que la police Algérienne était non seulement très sympathique, mais que, en plus, c’était la meilleure agence de voyage du pays, je l’ai vu sourire franchement pour la première fois. Il dira quand même au chauffeur de nous déposer devant le poste de police de Tebessa.

Voyage en Peugeot 504 jusque Tebessa avec les vélos sur le toit. Papa, j’ai retrouvé ta vieille 504. Celle que tu aimais tant, avec les vitres qui tombaient par en dessous tellement que les portières étaient pourries. Elle coule des jours heureux en Algérie et fait la route entre Bir-El-Ater et Tébessa à plus de 120 Km/h ! Franchement j’ai cru mourir trois fois. Il roulait vraiment comme un fou ! Dépassement dans les tournants à trois de front, crissement des pneus plats dans les courbes. Freinage en catastrophe avant de déboîter les camions au dernier moment… la totale.

Il nous jettera devant le quartier général de la police du Wilaya de Tébessa. C’est reparti. J’explique notre cas au policier de faction devant le bâtiment. Il nous amène dans le bureau d’un gradé. On se salue et tout et tout, tout ça toujours très sympa comme d’habitude.

Lui : « Messieurs que puis je pour vous ? »

Moi : « Nous voyageons à vélo, nous sommes partis de Djerba, Nous sommes arrivés jusqu’ici à vélo pour visiter nos amis algériens bla bla bla… »

Lui : « oui et alors ? »

Moi (interloqué) : « Ben je ne sais pas, c’est le sergent de Bir-El-Ater qui nous a demandé de venir signaler notre présence et notre route »

Lui : « Ecoutez, vous n’êtes pas obligés de venir vous déclarer à la police ! L’Algérie est plus ou moins sûre même si on peut y faire une mauvaise rencontre comme partout. La seule chose que je vous demande, pour votre sécurité, c’est de ne pas voyager la nuit. »

Voilà exactement ce qu’on voulait entendre ! Il nous a expliqué ce que nous allions trouver sur la route que nous avions projeté de faire et nous a réservé un hôtel. Nous sommes partis plutôt soulagés. L’hôtel était sympa et la ville aussi. Très vivante. Des marchands partout. Nous avons mangé notre omelette de frites et avons été dormir… demain vélo !

Enfin !

dimanche, septembre 03, 2006

Repos à Tamerza
Un jour, j’oublierai ma tête

Distance parcourue : 20 km
Moyenne horaire : 20 km/h
Retrouvé : Ma puce USB, le câble pour le GPS et 150 €

C’était la première journée de repos du voyage. Nous nous sommes tout de même levés assez tôt (7h00) pour faire une révision complète des vélos et pour aller voir les gorges de Midès. C’est bien plus facile de pédaler sans les sacs…


Les gorges de Midés c’est complètement nul. Toutes petites gorges et plein de vendeurs de souvenirs. On boit un thé et assistons au spectacle des touristes qui ont coché l’option : « aventure dans le désert ». Les 4x4 vomissent des gens résignés à devoir quitter la climatisation, habillés de manière plus provocantes les uns que les autres. Les guides donnent une explication sommaire de ce qu’il y a à voir (pas grand choses rappelons-le) puis signale que l’arrêt ne durera pas plus de 10 minutes. Alors tout ce petit monde bruyant et coloré commence à se mitrailler de photos : Moi devant les gorges (parfois), toi avec le chauffeur déguisé en touareg (souvent) et, surtout, toi et moi qui posons devant le 4x4 Toyota ! Ça c’est l’aventure ! Mais il faut repartir pour rejoindre à très, trop vive allure le prochain arrêt du circuit « aventure dans le désert ». Les 4x4 s’en vont comme ils sont arrivés, en faisant hurler les moteurs et en soulevant des nuages de poussière, très vite remplacés par d’autre 4x4 qui déverseront leurs « All inclusive » résignés. Tout cela, me direz-vous, profite au moins à la population locale. Même pas. La population locale ne connaît les touristes que par les passages en trombe des 4x4 qui laissent juste de la poussière. Il n’y a jamais de contact, et jamais d’échange de quelque nature que ce soit.

Le tourisme en Tunisie est une institution sacrée, qui profite quasi exclusivement aux Tours Opérateurs. La plupart des hôtels et restos que nous avons fréquentés étaient complètement vides. Il n’y a pas de tourisme individuel en Tunisie (peut être un peu en hiver nous a-t-on dit). Dommage, il y a plein de coins sympas et les Tunisiens sont la gentillesse même. (En plus, couscous partout) Les infrastructures pour les « individuels » existent, sont de bonne qualité et à des prix raisonnables. Alors, vacances en Tunisie : ok mais sans Tour Opérateurs !



Retour à Tamerza. Soupe à la gargote du coin et bonne sieste réparatrice. Au moment où je veux aller au Internet Café, je me rends compte que je n’ai plus ma pochette avec ma puce USB, le câble pour le GPS et 150€. Cata ! Après mûre réflexion, je me dis que j’ai dû l’oublier à l’hôtel de Tozeur. C’est embêtant parce que, à priori, la présence des 150€ ne vont sûrement pas m’aider à retrouver mon câble et ma puce USB qui sont vraiment important pour la suite du voyage. En plus, je ne me rappelle pas du nom de l’hôtel. Avec mon pote cuistot du resto du coin, (je me fais vite pote avec ce genre de gars) on téléphone à la moitié de la Tunisie afin de trouver le numéro de téléphone de l’hôtel, à l’aide des quelques indices que je possède.

Notre enquête nous amène à l’hôtel Borj El Ali, Dar Cherait à Tozeur. Tel : 216 76 46 26 50. Fax : 216 76 46 26 56. Je mets l’adresse complète, parce que je le recommande vivement. Pas qu’il ait vraiment du charme (un peu Kitch et Toc), mais ils sont vraiment honnêtes. Quand j’ai téléphoné, ils m’ont signalé que toutes mes affaires m’attendaient dans le coffre de l’hôtel. J’ai accompagné le pote du pote du frère de mon pote cuistot qui faisait un aller-retour Tozeur-Tamerza et voilà…

Un jour, j’oublierai ma tête.

Demain l’Algérie. Je vous avoue que ça me rend un peu nerveux. Est-ce qu’on pourra rouler à vélo où on veut ? Est ce qu’on pourra rouler à vélo tout court ?

Vous le saurez dans les prochaines aventures de Bibi à vélo.

samedi, septembre 02, 2006

Tozeur - Tamerza
4x4 et dromadaires

Distance parcourue : 69 km
Moyenne horaire : 15,5 km/h
Perdu : Ma puce USB, le câble pour le GPS et 150€ (mais là je ne le sais pas encore.)

Retraversée de désert. Mais cette fois-ci, on voyait la montagne à atteindre dès les premiers kilomètres. Absolument décourageant. Regarder l’objectif pendant 4 heures en le voyant à peine rapprocher. Il y avait d’autres choses à voir comme : des dromadaires (sympa) et des 4x4. des centaines de 4x4 ; appartenant à des tour-opérators, pleins de touristes qui allaient voir les gorges de Midès ou les sources d’eau chaude de Chebika.


La traversée fut moins aisée que les autres parties désertiques. La route était mauvaise et le vent mal orienté. Mais bon, pas de suspens, nous avons à nouveau atteint l’autre côté, et après un « Royal » (limonade à la pêche), nous avons entamé la monté vers Tozeur. Ce fut dans la douleur, sous un soleil de plomb et par des côtes au dénivelé impossible. Même les 4x4 avaient du mal. Finalement, arrivée à Tamerza, oasis dans la montagne. Petite ville et gens bien sympas. Nous allons rester un jour pour nous reposer. Je vous raconte cela et la suite dès que je peux.

vendredi, septembre 01, 2006

Kébili - Tozeur
Pffff, c’est loin l’horizon

Distance parcourue : 96 km
Moyenne horaire : 21,3 km/h
Perdu : rien

Nous avons quitté Kébili le matin assez tôt. Pour commencer; nous avons traversé la palmeraie. C’était très calme. Comme il était très tôt, elle se réveillait doucement. Les gens nous lançaient des grands « Salam » et rigolaient de nous voir à vélo. Dans un village, nous avons pris une grosse réserve d’eau. En effet, entre Kébili et Tozeur, il y a 80 km de désert de sel. Il est évidemment indispensable de le traverser en une fois. Et avant midi. Ce ne fut pas un problème, le vent était parfait (quart arrière, voir épisode précédent) et la route était nickel. Le désert de sel, c’est tout plat et il n’y a absolument rien. Juste la ligne d’horizon et la route dont on ne voit pas la fin. Quand, au loin, j’apercevais un 4x4 qui venait à notre rencontre, même si il roulait vite, nous devions attendre 15 min avant de le croiser au loin, on a parfois l’impression qu’il y a de l’eau, des arbres ou des animaux. C’est peut-être ça un mirage…

Nous avons bu 4 litres chacun sur les 4 heures de la traversée. Arrivés à Tozeur dans la fournaise. Tozeur, c’est un grand Oasis perdu dans le désert. Il y a beaucoup d’hôtels et de touristes. C’est un peu triste, mais le paysage en est plutôt défiguré. Ils essayent même de faire pousser un golf depuis 5 ans. Ça ne fonctionne évidemment pas, mais surtout ça assèche les nappes phréatique qui alimentent toute la palmeraie. Le soir, nous déambulons dans les ruelles et je trouve un « monde » pas trop vieux que je dévore lors du premier « café-journal » des vacances. Nous avons soupé en compagnie d’un vieux bruxellois un peu taré qui venait à Tozeur pour la 20ième fois. Ensuite dodo, demain la dernière véritable étape en Tunisie…

jeudi, août 31, 2006

Matmata – Kebili
Sable et herbe à chameau


Distance parcourue : 128 km
Moyenne horaire : 22 km/h
Perdu : boules Quies de Jim

Beau levé de soleil pendant les 20 premiers kilomètres avec les montagnes et le début du désert. On a bu quelque chose à Tamezret et on a fait le plein d’eau avant les 90 kilomètres de désert.
Impressionnant le désert. C’était une première pour moi. Nonante kilomètres sans une maison… juste quelques dromadaires qui broutent au loin et quelques 4X4 climatisés de touristes qui ont réservé l’excursion « aventure dans le désert » au club de vacances. Avec le vent dans le dos ça avance bien.
A partir de 10h30 il commence à faire vraiment chaud. La fin du désert avant Douz est vraiment pénible. Il fait étouffant. Quand on arrive à 12h30, on a plus d’énergie et chaque mètre est difficile.
Leçon a retenir pour la suite : ne jamais rester après midi dans le désert ! Il faut dire que l’on a eu le vent exactement dans le dos. C’est super pour faire des bonnes moyennes, mais quand il fait très chaud, si on avance à la même vitesse que le vent, celui-ci ne rafraîchit plus du tout. Il vaut mieux avoir le vent arrière côté.
On a mangé le couscous chez Alli Baba. Alli Baba c’est le père mort il y a 6 ans. Sa photo est épinglée sur tous les murs et il pause comme si il possédait la moitié de la Tunisie. Magnifique Alli Baba. Ce sont ses fils qui ont repris la gargote.
On fait la sieste dans la cours sous des nattes de roseau et on repart pour les dernier 28 km avant Kebili à 16h. Je commence à avoir mal aux fesses.
Le soir on loge dans un hôtel délabré que l’on paye bien trop cher… y avait même pas de couscous ! Pour vous dire !

mercredi, août 30, 2006

Medenine - Matmata
Troglodyte et trop raide.


Distance parcourue : 65 km
Moyenne horaire : 12.9 km/h
Perdu : mon foulard pour la tête

Etape assez montagneuse, nous avons traversé le massif de Dahar. On ne peut pas dire que les montagnes étaient hautes, mais les côtes étaient super raide. D’ailleur on a presque pas vu d’autochtone sur la route. Sans doute que ce n’est vraiment pas bon pour les vieux moteurs. Pour mes jambes toutes jeunes, ce n’est pas très bon non plus… surtout avec 16 kilos de bagages + le poid du vélo (le poid de l’homme étant négligeable). J’ai donc du faire pas mal à pied. Très beau paysage de montagnes dont l’érosion laisse voir les strates.
Autres problèmes : le soleil et le manque d’ombre.
A midi, on a du s’arrêter. On a mangé dans une maison troglodyte (couscous) à Toujane et on a fait la sieste jusque 15h. On a recommencé à monter jusque Matmata sous le soleil.
Le soir, mon t-shirt était raide avec le sel que j’avais transpiré. Pour la troisième fois, on est presque les seuls touristes à l’hôtel. Bon couscous.

mardi, août 29, 2006

Djerba - Medenine
Des oliviers partout



Distance parcourue : 77 km
Moyenne horaire : 16.8 km/h
Perdu : rien

On a monté les vélos le matin sans aucun problème. Je me suis énervé sur Jim qui me demandait l’heure tout le temps et il est allé acheter une montre à 2.5 €.
Aucun des touriste dans le centre ville. Ceux-çi sont parqués dans les centres de vacances. On démarre vers 10 heures. Il fait déjà chaud. Le centre de l’île de Djerba n’ est pas vraiment beau. Il y a des plantations d’oliviers partout. On passe le bras de mer avec le bac : gratuit pour les cyclistes me dit le caissier avec un grand sourire. La vie n’est pas chère et il ne faut jamais négocier. Le prix est toujours juste. Beaucoup hommes portent un chapeau de paille.
Couscous à midi près de l’arrivée du bac et sieste dans un abris de bus jusque 15h. Aprés on redémare jusque Médénine. Ville sympa. Pas de touriste. Douche fabuleuse.
Le bon plan nourriture : le coucous. Un bon couscous le soir et le lendemain on peut pédaler toute la journée sans fringale. Seulement, à Médénine, impossible de trouver du coucous ! on a mangé des spaghettis.
La vie est dure !

lundi, août 28, 2006

Arrivée à Djerba
Atterissage et dodo


Perdu : guide sur l’Algérie (le deuxième)

Pas grand-chose de très intéressant pour cette première journée. Dans le charter pour Djerba, le public était très vacances « en troupeau » et la plupart avaient le même bide que moi…
On a passé une heure à la frontière et ils ont scanné les bagages à main à la sortie. Le douanier qui scannait était endormi…
Le taxi nous a arnaqué en tournant deux fois autour de l’aéroport.

Première étape : Djerba


Un coup d'oeil sur le voyage

Melita - Aéroport de Djerba

Djerba

Tunisie

Le voyage